Le pape François a lavé les pieds de 12 détenus


Jorge Bergoglio, le nouveau pape François, élu le 13 mars, avait choisi de célébrer la messe de la Cène, avec le traditionnel lavement des pieds, non dans la célèbre et froide basilique Saint-Jean de Latran mais au centre de détention pour mineurs de Casal del Marmo, situé en banlieue de Rome...

En souvenir du geste qu’avait accompli Jésus pour ses apôtres la veille de sa mort, le pape François a donc lavé les pieds de 12 détenus de nationalités et de confessions différentes.

Ainsi, jeudi soir, dans la chapelle de la prison, il a prononcé une courte homélie improvisée, sur un ton très accessible et chaleureux devant les cinquante jeunes rassemblés. La cérémonie était accompagnée de chants à la guitare. Je suis heureux d’être avec vous, a-t-il dit aux détenus.

Si on s’est mis en colère contre quelqu’un, laissons tomber, a-t-il conseillé, utilisant un Lascia perdere ! familier aux jeunes italiens…Allez de l’avant et ne vous laissez pas voler l’espérance, a-t-il insisté. Jésus est venu pour servir, pour nous aider. Sommes-nous vraiment disposés à servir les autres ?  a-t-il ensuite demandé.

Puis le Saint Père a donc lavé les pieds des détenus, dont deux jeunes filles, une Italienne catholique et une Serbe musulmane. Un signe qui est une caresse de Jésus, a dit François assurant être venu le faire de tout cœur, comme prêtre et comme évêque. Il n'a pas dit pape… Il s’est ensuite agenouillé, a versé de l’eau sur les pieds des jeunes, avant de les essuyer et les embrasser. Selon des témoins, beaucoup pleuraient...

Le cardinal Bergoglio l’avait déjà fait lors de Jeudis Saints à Buenos Aires. Mais le lavement des pieds par un pape marquent l’attitude de service du Christ envers ses disciples. Le réaliser dans une prison, et surtout à Rome est un geste sans précédent. C’est la première fois dans l’histoire qu’un pape associe des femmes à cette cérémonie, a relevé le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.

La double innovation de ce jeudi saint témoigne de la sincère humilité du cardinal Bergoglio, qui a choisi le nom de pape en hommage à François d’Assise, Saint patron des plus pauvres. Cela montre la grande importance que ce jésuite accorde à la proximité avec les plus marginalisés, et vient s’ajouter à d’autres gestes marquant sa grande défiance à l'égard des fastes du Vatican.

L'ex-évêque de Buenos Aires a, en effet, déjà renoncé à porter la mosette rouge de pape, gardé sa croix d’archevêque en fer, refusé sa voiture officielle. Pour l'instant, il habite encore à Sainte-Marthe (résidence assignée aux cardinaux pendant le conclave) plutôt que le vaste appartement pontifical.

Le nombre important de fidèles présents tout le long de la rue menant à la prison démontrait la popularité grandissante du Pape François. Si une majorité de catholiques se déclarent déjà enthousiasmés par son style novateur, cela pourrait irriter les milieux traditionalistes et certains prélats dans la Curie romaine.