Espagne : Le PSOE en tête des législatives mais sans majorité …

Le socialiste Pedro Sanchez est arrivé en tête des élections législatives de ce 28 avril en Espagne avec seulement 29 % des voix. Pour se maintenir au pouvoir sans majorité, le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) a le choix d’un gouvernement minoritaire, d’une alliance avec les séparatistes catalans ou encore d’un rapprochement avec les centristes de Ciudadanos.

Il peut ouvrir son gouvernement à la gauche radicale de Podemos (42 sièges), qui ne demande que ça. Ensemble, ils seraient à 11 sièges de la majorité absolue de 176 députés.

Et avec l'appui de petits partis régionaux, dont les nationalistes basques du PNV (6 sièges) ils pourraient réunir 175 députés…  Pedro Sanchez serait ainsi en mesure d’être intronisé chef du gouvernement par le Parlement.

Si une partie des séparatistes catalans s'abstiennent lors du 2e tour du vote d'investiture, Il se passerait du soutien d'indépendantistes encombrants dont la droite n'a cessé de l'accuser d'être l’otage durant ces derniers mois. Pourtant Pedro Sanchez juge d’ailleurs les séparatistes catalans peu fiables… Après avoir soutenu son arrivée au pouvoir avec Podemos et le PNV, ils ont précipité sa fin de mandat en rejetant son budget.

Une alliance avec Podemos et Gauche Républicaine de Catalogne (ERC, 15 sièges), le plus modéré, lui donnerait une majorité de 180 sièges.

Le leader d'ERC, Oriol Junqueras, n'a pas fixé de limite à un soutien à Sanchez. Mais les indépendantistes catalans continuent de réclamer un référendum d'autodétermination, refusé par le leader du PSOE. De plus, une telle majorité pourrait éclater si les dirigeants séparatistes, dont Junqueras, actuellement jugés à Madrid pour leurs actions dans la tentative de sécession de 2017, sont lourdement condamnés.

La coalition avec les libéraux de Ciudadanos reste la plus simple mathématiquement : 180 sièges pour chacun des partis, qui avaient déjà tenté de s'allier en 2016. Sans succès… Mais le parti libéral et anti-indépendantiste d'Albert Rivera ne veut pas en entendre parler : il est passé de 32 à 57 sièges et ce qui soutient son ambition de devenir un jour le premier parti de droite alors que le Parti Populaire s'est effondré…

Pas avec Rivera ! ont clairement rejeté les militants du PSOE même si Pedro Sanchez

n'a lui écarté aucune hypothèse, pour l’instant. Il a décidé de prendre au moins un mois avant de choisir une coalition. Pedro Sanchez peut continuer à gouverner en minorité avec 123 sièges contre 85 pendant ces 10 derniers mois, en négociant au cas par cas des soutiens au Parlement. Nous allons l'essayer, a déclaré Carmen Calvo, vice-présidente du gouvernement*. Nous pouvons continuer à gérer les affaires courantes, a-t-elle insisté.

 

* Nommé par décret royal sur proposition du président du gouvernement, le vice-président exerce les fonctions déléguées par lui, notamment celles du président en cas de vacance, absence ou maladie. Carmen Calvo est également ministre de la Présidence, des Relations avec les Cortes et de l'Égalité : département chargé des relations institutionnelles, de la coordination interministérielle et de l'égalité entre les femmes et les hommes.