Déni des violences sexuelles dans l'enfance : un scandale de santé publique

Tentative de suicide, amnésie, stress post-traumatique...

Telles sont les lourdes conséquences des violences sexuelles subies dans l'enfance, faute de protection et de prise en charge appropriée.

Il s'agit d'un véritable scandale de santé publique et d'une atteinte aux droits des victimes !

C’est ce que dénonce une étude menée de mars à septembre 2014, par l'association Mémoire traumatique et victimologie*, dans le cadre de la campagne Stop au déni, avec le soutien d'Unicef France.

Le rapport de l'enquête Impact des violences sexuelles de l'enfance à l'âge adulte doit être présentée ce lundi 2 mars 2015 à Paris lors d'un colloque**. Le coût humain des violences sexuelles, en particulier celles infligées aux mineurs, est alarmant, souligne Muriel Salmona, médecin et présidente de l'association.

Plus de 1 210 victimes âgées aujourd'hui de 15 à 72 ans, dont 95% de femmes, ont accepté de répondre.

En France, 1/5 femmes et 1/14 hommes déclarent avoir subi des violences sexuelles.

81% ont subi ces violences avant 18 ans, dont 51% avant 11 ans et 21% avant 6 ans !  42% des personnes interrogées ont déjà tenté de se suicider, parfois plus de dix fois, et 95% reconnaissent un impact des violences sur leur santé : mentale et physique. Dans plus de la moitié des cas, l’agresseur était un membre de la famille. Mon père m'a violée en moyenne 3 à 4 fois par semaine pendant dix ans, témoigne une victime.

Scandale de santé publique

L’étude insiste notamment sur l'absence de prise en charge adaptée, de protection et de reconnaissance des victimes, altsurtout les plus vulnérables, alors que les conséquences sur la santé et la vie affective, familiale et professionnelle apparaissent extrêmement importantes. Plus la victime est jeune au moment des faits, plus les conséquences sont lourdes… Pourtant, plus les violences sont assorties de circonstances aggravantes (viol, inceste), moins les victimes ont été protégées par la police, la justice ou leurs proches.

4% seulement des victimes agressées dans l'enfance indiquent avoir été prises en charge par l'Aide sociale. Parmi celles qui ont porté plainte, 66% de celles qui avaient moins de 6 ans, 70% de celles entre 6 et 10 ans et 71% de celles entre 11 et 14 ans, au moment des faits déclarent n'avoir jamais été protégées !!!

Il est urgent que les pouvoirs publics mettent en œuvre les moyens nécessaires pour protéger, accompagner et soigner efficacement les victimes afin d'enrayer le cycle infernal des violences, réclame le Dr Muriel Salmona.


Teaser de la campagne STOP AU DENI - LES SANS VOIX par catherinezavlav

*http://memoiretraumatique.org/

Le rapport complet : http://stopaudeni.com


**Journée animée par Mme Marie-France CHATIN de RFI. invité-e-s d'honneur Mme la ministre Laurence Rossignol, secrétaire d'État chargée à la Famille aux Personnes âgées et à l'Autonomie, Messieurs les Drs Denis Mukwege (prix Sakharov 2014) et Désiré Alumeti, de République du Congo, et M. le sénateur Philippe Kaltenbach qui fera le discours de clôture.

http://stopauxviolences.blogspot.fr/2013/07/violences-faites-aux-enfants-un-silence.html

http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/notre-action-en-france-2012-09-07