Cholestérol : l'utilité préventive des Statines en question

C'est la première fois qu'une éminence médicale britannique (équivalent du numéro 2 de l’Ordre des Médecins en France) met en garde contre la prescription des statines, la famille de médicaments censés faire baisser le cholestérol. Le docteur Kailash Chand, vice-président de la British Medical Association dont dépend le très sérieux British Journal of Medecine, a publié un article sur son blog (18 février) où il estime que ces médicaments prescrits contre les arrêts cardiaques et accidents vasculaires cérébraux (AVC) n’ont pas de vertu préventive démontrée

et il critique avec virulence les nouvelles recommandations du NICE, l’Institut britannique de veille sanitaire : les administrer à partir seuil de risques considérablement abaissé, et ce pour 5 ans minimum ! Au Royaume Uni, 6 à 7 millions de personnes (plus de 10% de la population!) sont déjà sous traitement… Dans un entretien au Sunday Express, repris sur nutrtion.fr, Kailash Chand a expliqué comment en 2009, à l'âge 60 ans, il a expérimenté, à ses dépens, la toxicité des statines… : Après plusieurs semaines de traitement, j’ai ressenti dans tout le corps d'épouvantables douleurs musculaires, qui me réveillaient la nuit. J’ai tout d'abord mis cela sur le compte du stress… Mais, il a mené l'enquête puis décider d'arrêter le médicament. Dans les deux ou trois semaines qui ont suivi, les souffrances avaient disparues… Le docteur Chand fustige les études des firmes pharmaceutiques, pour le moins lacunaires, qui minorent ou ignorent carrément les effets secondaires, pourtant très fréquents et dénoncés par les patients comme parfois très invalidants : douleurs musculaires et articulaires, manque de tonus, perte d’intérêt et de vivacité d’esprit, désordres de la mémoire et de l’agilité intellectuelle, troubles de l’érection pénienne et clitoridienne voire extinction du désir sexuel et même diabète (études en cours). En matière de prévention, le docteur Chand conseille plutôt de marcher 10 minutes de plus par jour… pratique bien plus efficace qu’un cachet, susceptible de surcroît, de vous faire vous sentir vieux et rouillé bien avant l’heure… Il observe aussi que la prise de Statine à titre préventif induit une tolérance du patient envers le manque d’exercice, le déséquilibre alimentaire et la consommation de tabac responsables selon l’OMS de 80% des infarctus.

Dans La vérité sur le cholestérol, son livre paru en février 2013*, le professeur et biochimiste Philippe Even, dénonçait exactement la même chose mais démontrait en outre que le cholestérol est une molécule noble et indispensable à la robustesse des membranes des milliers de milliards de cellules du corps humain. Ce qu'ignorent généralement cardiologues ou généralistes prescripteurs, faute de temps et d'une formation en biochimie insuffisante pour remettre en question les études des laboratoires produisant les statines et vantant leurs bienfaits.

En revanche, le docteur Chand ne remet en cause la prescription des statines que pour des gens en bonne santé. Il est persuadé que le traitement reste bénéfique en cas d'antécédent d’arrêt cardiaque ou un d'accident vasculaire cérébral. Selon lui, il ne fait aucun doute que les statines jouent un rôle important pour le soin de ces patients, en prévention secondaire.

Sur ce point, les cholestérosceptiques, chercheurs qui, du Japon à la Norvège, ont révélé la fragilité des études d’origine menées à partir des années 50** et sur lesquelles repose la chasse au cholestérol, sont divisés. Quelques-uns avancent l’hypothèse d'une action bénéfique des statines sur l’athérosclérose, après la survenue d’un infarctus ou d’un AVC, non pour baisser le taux de choléestérol mais pour leur effet pléïotrope, en somme une autre action que celle pour lequel le médicament est prescritLa plupart des praticiens hostiles à prescrire des anticholestérolémiants aux bien-portants y restent, comme le docteur Chand, favorables après un antécédent grave.

Le Pr Even ou Michel de Lorgeril, du CNRS de Grenoble, premier chercheur français à remettre en question le diabolique-cholestérol-boucheur-d’artères et à avoir déclarer la guerre au cholestérol delirium ***, estiment au contraire que les statines sont tout aussi inutiles dans tous les cas puisque le cholestérol n'est dangereux que lors d’hypercholestérolémies familiales, soient 100 000 cas en France où 5 millions d’hommes et de femmes absorbent quotidiennement des statines…

*La vérité sur le cholestérol", au Cherche Midi éditeur
** (Etude de Framingham et l’enquête des 7 pays)

***Cholestérol, mensonge et propagande, Thierry Souccar Editions