Tunisie : un tribunal militaire requiert la mort pour Ben Ali

Le tribunal militaire du Kef (nord-ouest) a requis la peine de mort contre Ben Ali, L'ancien président tunisien est poursuivi pour complicité d'homicide volontaire lors du mouvement de contestation populaire qui a aboutit à son exil en Arabie Saoudite le 14 janvier 2011.

C'est la première fois que la peine capitale est est requise contre lui. Il  fait l'objet, avec son épouse Leïla Trabels, d'un mandat d'arrêt international, mais l'Arabie saoudite n'a jamais répondu aux demandes d'extradition tunisiennes.

Le procureur a également demandé les sanctions les plus sévères possibles pour les anciens hauts dignitaires du régime : un autre ex-ministre de l'Intérieur Ahmed Friaâ, l'ancien directeur général de la sûreté Adel Tiouiri, l'ex-chef des brigades spéciales, Jalel Boudriga, ou encore l'ex-chef de la sécurité présidentielle, Ali Seriati., accusés d'être responsables de la mort d'au moins 22 personnes à Thala et Kasserine, (centre), où le nombre de tués durant le soulèvement est très important.

Aucun des prévenus n'a reconnu avoir donné l'ordre de tirer sur les manifestants dans ces deux villes. Chacun a renvoyé la responsabilité sur une cellule sécuritaire de suivi ou à la salle d'opération du ministère de l'Intérieur, sans mentionner aucun nom.

Seul le témoignage de l'ancien Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi, chef du gouvernement après le départ del 'ancien chef d'Etat, le met clairement en cause : Mohamed Ghannouchi a assuré avoir appelé Ben Ali le 9 janvier pour lui demander d'arrêter les tirs à balles réelles contre la population à Kasserine. Le président aurait alors justifié l'usage des armes comme une légitime défense.

Les réquisitions du procureur ont pourtant surpris jusqu'aux parties civiles : Je pense que la justice essaye de trouver un compromis avec les familles des martyrs plutôt que de faire un procès équitable, il n'y a pas de volonté de connaître les véritables responsables, a même déclaré l'avocat d'une famille de victimes. Les plaidoiries vont durer encore plusieurs jours…