J'veux du soleil : François Ruffin sur les ronds points…

J’veux du soleil, le dernier film de François Ruffin et Gilles Perret est sur les écrans de cinéma ce 3 avril. Ce n'est pas un film sur le mouvement des gilets jaunes. Ce n'est même pas un film sur les gilets jaunes, c'est un film sur des hommes et des femmes qui à un moment, ont revêtu ce gilet jaune…

Les réalisateurs ont fait un tour de France des ronds points où les gilets jaunes s'étaient rassemblés pendant la période de Noël.

Comme un Road Movie de proximité avec des personnages qui surgissent… Un film d'aventure porté par l’amour des gens, résume François Ruffin. A la manière de Western de Manuel Poirier, qui se déroulait en Bretagne, et nous a marqués tous les 2, ajoute-t-il. Le cinéma offre la possibilité d'avoir encore des images dissidentes, conclut-il

Pour dresser un portrait de la France cachée et méprisée pendant des années, on voulait rendre visible ces gens, les faire apparaître sur les écrans de cinéma…

Aller vraiment à leur rencontre, repartir de l'humain, sans plaquer un modèle politique ou dogmatique, renchérit Gilles Perret dont le mot clé semble être le mouvement : être toujours en mouvement… tourné pendant le mouvement, il va sortir pendant le mouvement.

La salle de cinéma est l'un des derniers endroits où on peut faire un mélange de population… Le problème c'est de rendre accessible J'veux du soleil aux gens qu'on a filmés.

Le circuit Art et Essais, où il va être diffusé, peut être une barrière.

Mais des salles vont notamment proposer des tarifs réduits pour les gilets jaunes et des séances gratuites, le matin. Dans les avant-premières, on voit tous types de personnes, il y a un échange entre les gens.

Certains, qui pouvaient être un peu défiantes vis à vis du mouvement, portent un regard différent en voyant ces témoignages. Il y a une vraie communion…  répond Gilles Perret aux objections sur le choix du grand écran.

Je revendique J'veux du soleil comme étant une œuvre d'art. Et je suis très fier de le porter en tant que tel et pas comme un discours politique, insiste-t-il.

D'autre part, en le projetant sur des ronds points,  on espère que ça donne quelque chose autour duquel les gens se fédèrent. Je pense qu'il y a une place pour la culture dans la politique et dans la société. L’œuvre d'art offre des instants de communion au cours lesquels on se retrouve et on s'interroge. Que les gens se reconnaissent et que ça leur fait du bien !

Le projet était aussi de faire quelque chose en réaction à la diabolisation du mouvement par le gouvernement et une certaine catégorie des médias.

Ça peut être un outil d'échange et de revalorisation des gens, abîmés par l'image qui en a été donnée. Et bien sûr, si ça peut redonner une bouffée d'oxygène au mouvement, tant mieux !